La Gambie, ce petit pays qui voit sa jeunesse fuir en Europe

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Des migrants gambiens au poste de police de Nuadibu en Mauritanie. REUTERS/Juan Medina

Ce petit pays enclavé entre le Sénégal et l’océan Atlantique est l’un des plus pauvres d’Afrique.
Jamais depuis un siècle, le continent africain n’a vu sa jeunesse fuir autant en masse vers l’Europe. Selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrants, le nombre d’immigrés clandestins à entrer en Italie à quadruplé entre 2013 et 2014 pour atteindre 170.000 personnes l’an passé. L’Afrique subsaharienne compte pour environ 40% de ces migrants, avec 64.600 habitants de cette région à avoir atteint l’autre rive de la Méditerranée en 2014. Et cette année, selon les premières estimations, le nombre de candidats à l’asile originaires du continent sera encore plus important.

Parmi cette masse, un pays se distingue de manière tragique. Il s’agit de la Gambie. Un minuscule Etat enclavé entre le Sénégal et l’océan Atlantique. « L’une des plus petites nations d’Afrique est l’un des plus gros contributeurs au flot de migrants », écrit le quotidien américain le Washington Post dans un reportage sur place.

Dans le village de Dampha Kunda, sur les bords du fleuve qui donne son nom au pays, des centaines de jeunes hommes sont partis pour l’Europe depuis quelques années, abandonnant leurs huttes et leurs potagers pour rejoindre l’Europe et ses promesses. Près de 40 de ces candidats à l’exil sont décédés sur le long trajet à travers les sables du Sahahra, rapporte le Washington Post. Un drame qui brise des familles entières.
Ceux qui tentent leur chance rejoignent d’abord la ville d’Agadez au Niger, où s’est développé depuis quelques années le business de migrants. « Tu pars en convoi le lundi soir. Tu arrives le mercredi matin à la frontière libyenne, 900 km plus loin. À la tombée de la nuit, tu t’arrêtes dans les dunes pour éviter les bandits », raconte Hosseini, un Nigérien de 30 ans, à l’Agence France-presse. « Il faut aller le plus vite possible. Tout le temps, tu roules à 140 km/h, parfois 160 km/h. Avec 300 litres d’essence embarqués que tu consommes en cours de route. À cette vitesse, si un pneu éclate, c’est fini. »

Les experts de l’immigration nomment la route qui s’étend de la Gambie et du Sénégal à la Libye, « la route de l’Ouest ». Mais les Gambiens ont un autre nom pour ce trajet risqué vers l’Europe: « the backway », disent-ils en anglais, la langue nationale. Une appellation qui peut se traduire par « le chemin du retour ». Car beaucoup de migrants échouent dans leur entreprise et reviennent au pays – dans le meilleur des cas.

« Backway bad way », affirme une chanson composée par l’ambassade des Etats-Unis en Gambie et diffusée régulièrement à la radio.

Les raisons de cet exil sont simples. La Gambie demeure un pays très pauvre. Sur l’échelle mondiale de l’indice du développement humain, le pays ne se classe que 172e. Et si, de plus en plus de Gambiens ont accès à l’école, « ils ont peu de chance de trouver un emploi qui correspond à leurs compétences », explique au Washington Post, Joel Millman, un porte-parole de l’Organisation mondiale des migrants. « Donc ils font la chose la plus rationnelle qui soit: partir ».
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