La route Kolda-Pata réhabilitée : Les populations expriment leur satisfaction

kolda pataLa route Kolda-Pata a fini d’être réhabilitée par le Projet Pôle de développement de la Casamance grâce à un financement de plus 3 milliards et demi de l’Etat et de la Banque mondiale. Après les travaux, le coordonnateur du Ppdc, Youssouph Badji, s’est rendu sur place pour s’imprégner de l’état de l’infrastructure et a recueilli les sentiments des populations bénéficiaires.

Jadis impraticable en toutes saisons, la route Kolda-Pata vient d’être totalement réhabilitée par l’Etat, à travers le Projet Pôle de développement de la Casamance (Ppdc), pour un montant de 3 milliards 517 millions de FCfa, au grand bonheur de ses multiples usagers. Ces derniers sont très satisfaits de la qualité de la voie ainsi que des ponts et balises qui y sont réalisés pour faciliter la circulation à tout moment. Néanmoins, ils ont souhaité son bitumage jusqu’à Médina-Yoro Foulah, soutenant que l’essor de région de Kolda en dépend grandement et que c’est un raccourci pour rallier Dakar, via Birkamaba, Georges Town, Bansang, Makati et Farafégné (Gambie).

L’axe Kolda-Pata est une piste de production de 66 km. Sa réhabilitation par l’Etat, à travers le Projet Pôle de développement de la Casamance (Ppdc), est très bien appréciée par l’ensemble des usagers, toutes catégories socioprofessionnelles confondues ; à l’image de la maraîchère Diénéba Sabaly qui est originaire du village de Ndorna, chef-lieu de la commune éponyme. Nous l’avons rencontrée dernièrement au marché central de Kolda, sis au quartier Escale de la ville, où elle était venue vendre ses légumes. Elle n’a cessé de rendre grâce à Dieu. Une façon pour cette dernière de saluer, au nom des populations riveraines, le bitumage d’une voie de communication entièrement restaurée. Pour notre interlocutrice, « c’est un don du ciel que le président de la République, Macky Sall, ait réussi à mettre à notre profit une si belle route, en donnant suffisamment d’argent au projet Ppdc pour la reconstruction de l’axe Kolda-Pata ». Elle a soutenu que cela a été fait au grand bonheur des habitants des villages qui composent les communes de Saré Bidji, Ndorna, Kéréwane et Pata, toutes situées dans le département de Médina Yoro Foulah (Myf). Sa camarade Aminata Mballo qui s’active aussi dans le maraîchage et que nous avons croisée également au marché central de Kolda, n’a pas tari d’éloges pour le chef de l’Etat. « Le Président Macky Sall, souligne-t-elle, nous a vraiment tirés d’affaire en permettant au Ppdc de réhabiliter la route Pata-Kolda ».

Parcours du combattant
Elle se souvient des difficultés endurées par les femmes du département pour acheminer les produits maraîchers à temps au marché de Kolda. « Je perdais souvent la plupart de mes récoltes quotidiennes ou hebdomadaires de légumes faute de véhicule de transport pour les acheminer à Kolda parce que, faute de moyens d’évacuation, les produits finissaient par pourrir entre nos mains », a expliqué Aminata Diallo. Les maires des communes de Pata et de Ndorna (respectivement Aliou Badara Baldé et Souleymane Diamanka) n’ont pas occulté les femmes enceintes de leurs collectivités locales qui ont eu à perdre la vie au cours de leur évacuation vers Kolda. « D’autres dames, se rappellent-ils, ont mis au monde des enfants mort-nés après leur évacuation sur le tronçon cahoteux de Pata-Kolda ».

Selon les agents de l’Isra de Kolda, notamment Momar Sabaly et Amadou Mansaly, la route en question était dans un état de dégradation très avancée. « Cela avait rendu inaccessibles, pendant plusieurs années, toutes les localités riveraines et environnantes au grand dam de leurs braves agriculteurs qui peinaient à sortir leurs récoltes des zones de production pour les écouler vers les marchés de Kolda, Diaobé et Dakar », a fait remarquer M. Sabaly. Et selon Diété Diamanka et Fally Sow, deux chauffeurs qui font la ligne Kolda-Pata depuis plus d’une décennie, cette route était parsemée de crevasses et, en hivernage, elle était tout le temps couverte d’eaux stagnantes ; ce qui rendait son usage périlleux. MM. Diamanka et Sow ont témoigné que cet itinéraire de 66 km était un véritable parcours du combattant.

Il fallait aux taxis brousse 4 heures d’horloge voire plus pour parcourir le tronçon. « A une certaine période, nous n’étions plus que trois transporteurs à assurer la liaison sur cet axe à cause du caractère accidenté de la route », ont-ils expliqué. C’est cela qui avait conduit certaines structures d’appui au développement, comme l’association paysanne « Ninnaba » de Kolda, à suspendre leurs activités dans bon nombre de localités qui étaient devenues inaccessibles. Deux responsables de l’association paysanne Ninnaba de Kolda, en l’occurrence Omar Mané et Diénéba Mballo, ont affirmé qu’une grande partie des productions agricoles pourrissait entre les mains des agriculteurs. « Faute de moyens de transport pour les acheminer vers les marchés de Kolda et de Diaobé. Car beaucoup de transporteurs refusaient catégoriquement d’emprunter cet axe de peur de voir leurs véhicules se gâter », ont-ils indiqué. Ainsi nombre de paysans du département de Médina Yoro Foulah n’avaient qu’une alternative que de brader leurs récoltes dans les localités gambiennes les plus proches ou dans les « loumas » (marchés hebdomadaires).

Une route qui revigore le commerce
Aujourd’hui, tout cela est un mauvais souvenir. Le visiteur qui débarque dans la région de Kolda ou emprunte l’axe Kolda-Pata peut s’en rendre compte. Nous en avons fait l’expérience le mardi 12 décembre 2017 au marché central de la capitale du Fouladou. Ce jour-là, à 6 heures 05 déjà, pendant que la ville se réveillait peu à peu et qu’il faisait un froid de canard au dehors, des véhicules de transport et des tricycles se succédaient pour décharger leurs cargaisons d’agrumes, de légumes et d’autres produis agricoles. Ce « bana-bana » (revendeur) de légumes Abdourakhmane Dieng, trouvé sur les lieux, renseigne que ce sont des transporteurs qui emmènent des produits agricoles et de cueillette en provenance de Pata, Ndorna et environnants. Notre vis-à-vis nous apprend ceci : « Depuis que la route de Pata a été reconstruite par le projet Ppdc, grâce à l’Etat et à ses partenaires, notamment (Ndlr, la Banque Mondiale), on assiste tous les matins, dès l’aube, à des mouvements incessants de véhicules entre Kolda et la zone de Pata ». Le résultat est que le marché de Kolda est chaque jour inondé de fruits, légumes et autres produits agricoles, selon les saisons, au bénéfice des consommateurs.
En réalité, la route Kolda-Pata a été bien faite. Et cela est apprécié par toutes les populations. Nous en avons discuté avec beaucoup d’entre elles lors de notre visite sur ladite piste de production qui, à notre passage en ce mois de décembre, ne souffrait d’aucune imperfection. Les transporteurs Diété Diamanka et Fally Sow ont déclaré que cette route est maintenant praticable. Ils ont certifié que la mobilité y est devenue rapide. « Actuellement de Kolda à Pata, nous ne faisons qu’une heure et quelque 10 minutes, alors qu’autrefois nous perdions 4h de temps pour rallier les deux localités qui ne sont distantes que de 66 km », ont révélé MM. Diamanka et Sow. Il y en a qui font le même parcours en 30 minutes, notamment les véhicules de service ou les voitures appartenant à des particuliers. « Et puis, a fait remarquer Diété Diamanka, depuis que la route Kolda-Pata a été réhabilitée, nos véhicules ne tombent plus en panne pour cause de roulement ou d’arbre (axe de rotation) cassé, de moteur qui a coulé, ou bien d’autres pièces endommagées, du fait d’un défaut sur l’état actuel de la route ».
C’est justement à cause de sa praticabilité que cette route est devenue un bon raccourci pour aller vers Dakar via Birkamaba (Gambie)
Source: Le Soleil

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